Le guide du cycliste débutant


Creative Commons License Crédit photo : abbilder

Jusqu’à l’année dernière, j’utilisais essentiellement les transports en commun (TEC) pour me déplacer. J’ai la chance de vivre dans une ville bien desservie, et le bus s’arrête à 100m de chez moi. Et puis, je suis passé au vélo. Au début, je me suis dit que je ne l’utiliserai que de temps en temps, sur des petits trajets, pour gagner un peu de temps. Depuis, j’ai complètement délaissé bus et tramway, pour ne me déplacer que sur ma fidèle bicyclette.

C’est un choix que je n’ai jamais regretté. J’en suis complètement accro, et je serai bien incapable de m’en séparer. La vie sans bicyclette ? Impossible !

Entendons nous bien. Je parle de vélo de ville. Le vélo qu’on prend pour aller au boulot et faire ses courses. Bien des gens n’envisagent pas le vélo autrement que pour des courses cyclistes, pour faire du VTT ou des balades le dimanche. Et pourtant, le vélo est bien un mode de transport, qu’on peut utiliser au jour le jour en remplacement de sa voiture.

Pourquoi passer au vélo ?

Le vélo est source de bien des avantages, comparé aux autres moyens de transport (à pied, voiture, transports en communs)

  • Le vélo est rapide : contrairement à une idée reçue, le vélo est un moyen de transport extrèmement rapide. En fait, c’est même le plus rapide sur des trajets compris entre 300m et 6km, devant la voiture ou les TEC. Et oui ! En vélo, on se faufile partout, on évite les bouchons, et on ne passe pas trois heures à trouver une place de parking.

    Maintenant, question : quand vous prenez votre voiture, combien de vos trajets dépassent 6km ?

  • Le vélo est bon pour le porte monnaie : Saviez vous que l’automobile est actuellement le deuxième poste de dépense des ménages, derrière le logement ? Avec des budgets qui atteignent plusieurs centaines d’euros par mois ((Source : automobile club)), la voiture coûte cher. Le hors-série de l’argus de l’automobile a calculé que le prix de revient kilométrique (le prix que vous coûte votre voiture pour chaque kilomètre parcouru) était au minimum, pour une petite voiture, de 0.20€. Ce qui nous fait un café au comptoir tous les 6km. Mais ce coùt peut facilement atteindre quelques €uros.

    À côté de ça, un vélo ne coûte quasiment rien, pour peu que vous investissiez dans du bon matériel, et sera trés vite rentabilisé.

    Alors, ça ne vous dirait pas d’économiser 500€ par mois ?

  • Le vélo est bon pour la santé : Vous n’avez pas le temps de faire du footing ? Pas grave ! Se déplacer en vélo, c’est s’assurer une santé de fer. Le vélo réduit les risque de maladies cardio-vasculaires et de diabète, d’obésité et d’hypertension, et augmente l’espérance de vie.

    « Oui, mais les cyclistes respirent des gaz d’échappements » -me direz vous. Faux ! Sachez que l’air de l’habitacle des voitures est bien plus pollué que l’air sur le bord des routes. Alors ? Marre de respirer du gaz ?

  • Le vélo ne prend pas de place : En bas de chez moi, il y a … un parking. Qui n’est rempli que la nuit. Et un peu plus loin, il y a… un autre parking, qui lui, est vide 99% du temps. Et au dessus de chez moi, il y a … devinez quoi ? Encore un parking. Maintenant, imaginez la scène : à la place de ces horribles, stériles et inutiles étendues de béton, un espace vert. Avec une balançoire pour les mômes, des bancs pour se retrouver, se rencontrer, discuter, partager, échanger, pic-niquer (!). Un vrai rêve, un peu utopique j’en conviens. Parce qu’une bagnole, c’est généralement à l’arrêt, et ça prend de la place pour rien. Et on peut rajouter les autoroutes, les rocades, etc.

    Ah ! Oui ! Avez vous entendu parler de l »étalement urbain » ? La ville s’étale littéralement, et il faut aller de plus en plus loin pour acheter son pain. Mais c’est pas grave, on n’a qu’à prendre la voiture.

    Tandis qu’un vélo, ça ne prend pas de place sur la route, ça ne créé pas d’embouteillages, et ça ne prend pas de place au garage. Après tout, si je ne m’abuses, c’est bien le slogan publicitaire d’une certaine voiture qui disait : « et si le vrai luxe, c’était l’espace ? ». Des espaces, oui, mais des espaces verts :)

  • Le vélo est écolo : S’il y en a qui sont un peu concernés par l’avenir de leurs enfants, ceci devrait les intéresser. Une voiture, ça pue et ça pollue. Je m’adresse à tous les naïfs : mettez vous bien dans le crâne que la voiture verte, ça n’existe pas ! Et puis, il n’y a pas que les gaz à effet de serre, il y a aussi les microparticules, etc.

    Un vélo rejette combien de CO2 au km ? 0 ! Pour un air pur, passez donc au vélo !

Bon, je pourrai sans doute écrire un roman là dessus, mais je vais m’arrêter là. J’espère vous avoir convaincu des avantages du vélo. Envie de vous convertir ? Suivez le guide !

Comment passer au vélo

Ça-y-est, vous avez décidé de franchir le pas ? Vous voulez passer au tout vélo ? Trés bien ! Félicitations, vous ne le regretterez pas.

Toutefois, je vous recommande d’aller à votre rythme. Si vous tâchez de passer au tout vélo d’un coup, alors que vous n’avez pas fait de sport pendant 10 ans, et que vous n’êtes pas prêt, pas équipé, mal conseillé, vous allez rapidement être dégoûté. Mieux vaut commencer en douceur à mon avis.

Si vous avez des doutes, prenez le vélo une fois par semaine, pour aller au travail. Puis deux fois. Allez-y progressivement, vous verrez, vous y prendrez goût. Enfin, c’est à vous de voir comment vous voulez procéder.

Passer au vélo, c’est véritablement un autre mode de vie. Ne perdez pas de vue qu’il vous faudra sûrement un petit temps d’adaptation, alors ne vous découragez pas à la prmière côte. Pour partir sur de bonnes bases, voici quelques conseils tirés de mon expérience personnelle :

  • Investissez dans un vélo de bonne qualité : Par pitié, n’achetez pas votre vélo dans une grande surface ou chez décathlon. Au bout de quelques semaines d’utilisations, il commencera à se dérégler, s’user, se gripper. En plus, certaines pièces ne seront pas standards, voir non démontables non démontables, et ce que vous avez économisé sur la qualité, vous le perdrez dix fois en réparations. Sans compter le confort d’utilisation médiocre.

    N’hésitez pas à prendre de la qualité. Un vélo, c’est un investissement. Chez un bon vélociste, on vous fera une première révision gratuite au bout du premier mois, et vous serez tranquille un bon bout de temps. Et puis, il faut relativiser. Un vélo neuf haut de gamme vaut souvent moins cher qu’une voiture d’occasion. En deux mois, votre achat sera rentabilisé.

    Faites également attention aux vélos d’occasion, notamment sur les marchés aux puces. Ne vous faites pas refourguer un vélo volé…

  • Choisissez un vélo à votre usage : Combien de kilomètres par jour roulerez vous ? Ferez vous vos courses avec ? Avez vous des enfants ? Bref ! Demandez bien conseil à votre vélociste, car il ne vous recommendera pas le même vélo selon l’usage.

    Je vois beaucoup de gens qui ressortent leur vieux VTT pour se déplacer en ville. Mais pour la ville, rien ne vaut un bon… vélo de ville, avec éclairage, et porte bagage. Là encore, réfléchissez bien, c’est un investissement, et quand vous pédalerez, la différence se fera sentir.

    Pour un vélo de ville, pensez que l’éclairage est indispensable. Avec une dynamo dans le moyeu (c’est à dire directement intégrée dans la roue), vous gagnerez en confort.

  • Pensez aux accessoires : À côté du vélo, il y a les accessoires indispensables. Je pense notamment aux sacoches. Parce que vous savez, le vélo, on y prend goût. Au début, on s’en sert pour aller au boulot, et puis, on finit par faire ses courses avec. De bonnes sacoches vous aideront à transporter de lourdes charges, au lieu de vous trimbaler un immense sac à dos.

    Ensuite, on trouve des charettes qui se rattachent au vélo pour transporter des trucs vraiment volumineux. Mais ça, vous pourrez toujours voir plus tard.

    Et puis, il y a l’antivol, indispensable contre le vol. Nous en reparlerons plus loin.

  • Ne faites pas le radin sur la sécurité : Même si votre vélo dispose d’un bon éclairage, on n’est jamais trop visible. Un gilet réfléchissant ne coûte pas cher, et peut sauver une vie. À défaut, quelques bandes lumineuses sont un strict minimum.

    Et le casque. Hum… Sur le port du casque, tout le monde n’est pas d’accord, car il aurait des effets secondaires néfastes. Par exemple, les automobilistes feraient moins attention aux cyclistes qui portent un casque… À vous de voir.

    Vous pouvez également attacher à votre vélo un écarteur de danger. C’est un simple bout de plastique qui dépasse, et qui décourage les voitures de vous doubler de trop près.

  • Et l’entretien :
    Cycling through the rain
    Creative Commons License Crédit photo : PhotoA.nl

    Un vélo reste une machine mécanique, qui réclame de l’entretien. Vous pouvez l’emmener chez le réparateur chaque fois que vous crevez un pneu, mais vous allez douiller.

    En bricolant un peu, vous économiserez beaucoup de temps et d’argent. Et puis, même si les vélos ont beaucoup évolués, ça ne sont quand même pas des boeings.

    Le minimum, c’est de savoir réparer un pneu crevé. Il vous faudra pour cela un nécessaire à rustine. Il est également utile de savoir régler le câble des vitesse. Et puis, il est essentiel d’huiler de temps en temps les parties en mouvement, pour limiter l’usure. Demandez conseil à un ami bricoleur, ou trouvez vous un bon bouquin sur le sujet. Ensuite, vous pourrez vous contenter de faire réviser votre vélo une fois par an chez un bon vélociste, et vous serez tranquille.

    Ah ! J’oubliais ! Une petite chose toute simple, que tout le monde peut faire, et qui change la vie : gonflez bien vos pneus ! C’est dingue comme il faut faire plus d’efforts pour avancer quand on a des pneus sous-gonflés. En plus, les pneus s’usent plus vite, et crèvent plus facilement. Pour un bon confort, rien ne vaut un bon gonflage.

  • Hum ! Et quand il pleut ? : Et oui, le vélo, c’est aussi un retour à la nature et aux éléments. À bicyclette, on n’a que le ciel au dessus de sa tête. Il existe de trés bons vêtements spéciaux qui protègent parfaitement de la pluie, pour arriver bien sec à un rendez-vous d’affaire.

    En cas de froid, couvrez vous bien, mais n’en faites pas trop : on se réchauffe vite quand on pédale.

Paré à rouler ? Bienvenue sur la route !

panning bike on king
Creative Commons License Crédit photo : wvs

Vous voilà paré ? Et bien, c’est parti ! Sur la route, l’objectif principal, c’est la sécurité. Un cycliste est plus fragile qu’une voiture, donc, prudence. Je vous laisse consulter ces quelques conseils sur la sécurité en vélo. Si vous les suivez, vous diminuerez grandement les risques, et gagnerez en confort.

Le plus grand danger qui vous guette (c’est prouvé par les stats), c’est de vous manger une portière qui s’ouvre alors que vous longez une file de voiture à l’arrêt. Pour cette raison, il est bon de toujours laisser un bon mètre entre vous et les voitures garées. D’ailleurs, en règle générale, il vaut mieux ne jamais trop serrer votre droite : ça dissuadera les automobilistes de vous doubler s’ils n’ont pas la place de le faire.

Je ne vous mentirai pas : la vie n’est pas rose tous les jours pour les cyclistes. Entre les automobilistes qui vous klaxonnent, les pistes cyclables souvent de mauvaise qualité (quand elles existent), et les élus qui vous rient au nez quand vous réclamez des infrastructures, il y a des moments de blues ou on regrette le temps de l’ignorance. Vous l’aurez compris, les pires ennemis du cycliste sont l’intolérance, l’incivilité, et les cons qui roulent en 4×4 ((pardon, je n’ai pas pu me retenir)).

La plupart des automobilistes considèrent que les vélos sont des jouets qui n’ont rien à faire sur la route. Par conséquent, ils ont une fâcheuse tendance à « oublier » de vous accorder vos priorités et à vous klaxonner parce que vous n’avancez pas assez vite (et peu importe si il y a un feu 10m plus loin). Le plus énervant reste l’abruti qui prend la piste cyclable pour une place de parking, même si c’est « juste pour 2 minutes ».

Face à ça, la bonne attitude à mon avis, c’est de la jouer zen et détendu, et de ne pas répondre. Ma sécurité passe avant ma priorité. Je ne vais pas assez vite ? Peut-être, mais tant pis, chacun son rythme. J’évite de m’énerver à chaque incivilité dont je suis la victime, sinon, je deviens vite un gros paquet de nerfs, et ça ne vaut pas coup. Donc, la plupart des cas, je souris et je laisse filer, en méditant cette douce maxime de Lao-Tseu :

Si quelqu’un t’a offensé, ne cherche pas à te venger. Assieds-toi au bord de la rivière et bientôt tu verras passer son cadavre.

Quand j’ai l’occasion de croiser le conducteur de la voiture garée sur une piste, il m’arrive de m’arrêter pour discuter et lui expliquer mon point de vue. Souvent, ce sont simplement des gens qui n’ont pas conscience de la gêne occasionnée.

Dites vous que vous ferez la plupart du temps les mêmes trajets. Par conséquent, vous pourrez adapter votre itinéraire pour emprunter le chemin le plus sécurisé.

Un point important : rouler à vélo ne vous dispense aucunement de respecter le code de la route, comme semblent le penser de nombreux cyclistes. Bien entendu, pour des questions de sécurité, il est de temps en temps nécessaire de passer outre des règles qui ont été édictées pour des automobilistes, et qui sont parfois absurdes pour des vélos, mais ce n’est pas une raison pour ne pas tenir compte des feux, des stops, etc.

Enfin, une recommendation : soyez civils ! Ce n’est pas parce que les plus gros (les voitures) vous manquent parfois de respect, que vous devez reproduire ce comportement sur les plus petits (les piétons). Et que vous soyez dans une voiture ou sur un vélo, vous devez laisser la priorité aux piétons sur les passages cloutés (et avec le sourire, s’il vous plaît).

Ce n’est qu’en respectant ces règles de bonnes conduites et en adoptant le bon état d’esprit que la pratique du vélo restera un plaisir sans gêner les autres et sans vous mettre en danger.

Se protéger contre le vol

Theft
Creative Commons License Crédit photo : ibcbulk

Le vol de vélo est un fléau, qui décourage bien des cyclistes débutants, et dégoûte même les confirmés. Retrouverai-je mon fidèle cycle là où je l’ai attaché ? J’ai rencontré pas mal de gens qui ont peur de se mettre au vélo à cause de ça. D’ailleurs, on m’a moi même déjà délesté de mon engin, et je sais à quel point c’est désagréable. Le respect de quelques règles élémentaires vous permettra de diminuer voire d’annuler les risques.

Règle n°1 : ne faites pas le radin sur l’antivol. Les câbles sont les meilleurs amis des voleurs. Ils resistent environ 3 secondes à une bonne pince. En fait, les seuls antivols vraiment valables sont les « U » rigides. Ne comptez pas vous en sortir à moins de 50€, et comptez 80-90€ pour un antivol haut de gamme. Pensez que cet achat sera largement rentabilisé à la première tentative de vol. De plus, ils sera vendu avec une attache qui vous permettra de l’accrocher au cadre. Ça vous évitera de le porter dans un sac, et surtout de l’oublier !

Quand vous attachez votre vélo, attachez le cadre ET une roue, et pas seulement la roue. Et choisissez un support solide, cela va de soit (mais pas pour tout le monde, semble-t-il). Attachez votre vélo dans des endroits le plus passants possibles, évitez les lieux déserts. Ne laissez pas un vélo toute la nuit dans un endroit peu sûr. Et ne laissez jamais votre vélo sans l’attacher, même 30 secondes pour acheter le pain. L’occasion fait le larron, et la plupart des vols ont lieu dans de tels cas. Pensez également à attacher votre vélo, même chez vous. De nombreux vols ont lieu à domicile.

La plupart des vélos utilisent encore souvent des attaches rapides, facilement démontables à la main, pour fixer les roues et la selle. Préférez un bon gros boulon, qui découragera les voleurs de selles à la petite semaine.

Enfin, il est possible de faire graver votre vélo. Ainsi, même en cas de vol, vous aurez plus de chance de le retrouver.

Si vous suivez ces quelques conseils, les risques de vols seront quasiment nuls, et vous pourrez garrer votre machine en toute tranquilité.

Rejoindre une association

L’automobilisme est une activité tout ce qu’il y a de plus individaliste. Je suis tout seul dans ma grosse voiture, et je t’emmerde. En revanche, le vélo est plus convivial. Peut-être parce que les cyclistes forment encore une minorité, et qu’il est plus facile de relationner quand on est pas enfermé dans une carapace de métal.

Quoiqu’il en soit, il existe de nombreuses associations de cyclistes regroupés pour partager, échanger, et aussi pour promouvoir leur cause. Pourquoi ne pas les rejoindre ? En France, par exemple, existe la Fédération des Usagers de la Bicyclette.

Parce qu’à plusieurs c’est quand même plus marrant.

Bien, j’espère que ce petit guide sera un bon point de départ pour les débutants qui veulent se mettre au vélo. Malgré quelques inconvéniants, vites effacés si l’on sait s’y prendre, la pratique du vélo reste un plaisir, et les avantages sont tellement nombreux qu’on aurait tort de s’en priver. Alors, à bientôt sur les pistes :)

11 commentaires

Comment gérer les urgences

Ode and Elegy Magnetic Sculpture (base top)
Creative Commons License Crédit photo : nullalux

Qui n’a jamais agit dans l’urgence ici ? Levez la main bien haut. Personne ? Bien, dans ce cas, je ne parlerai pas pour rien. Car le temps, aujourd’hui, est une ressource cruciale. On n’a jamais assez de temps pour tout faire, il faut toujours courir d’un point à un autre, se dépêcher, se presser, et on se retrouve à faire 10 000 choses en même temps. Et c’est là qu’apparaît ce redoutable adversaire : l’urgence.

Qu’est-ce qu’une tâche urgente ? Et bien, c’est une tâche (terminer un rapport, aller chercher son gamin à l’école) qui ne peut pas (plus ?) être remise à plus tard, et doit être réalisée maintenant, sous peine de sanction négative (engueulade du patron, perte de son boulot, problèmes avec les services sociaux, etc.) Et plus l’échéance approche, plus le risque de retard augmente, plus l’urgence est importante. On entre alors dans une situation de crise.

Les situations de crises sont extrémement désagréables, car elles ont la sinistre tendance à se multiplier par effet domino. Je suis en retard pour un rapport urgent, donc je m’y met à fond en délaissant mes autres activités, donc je prends du retard sur d’autres projets importants, que je devrai rattraper plus tard, etc.

De plus, les crises sont fortement génératrices de stress, qui a les effets désastreux que l’on sait sur la santé. Et puis, si une certaine dose de stress permet d’accroitre ses performances, un stress trop important et continu devient insuportable et complètement improductif.

Nous allons donc analyser comment naît l’urgence, et de quelles manières nous pouvons nous en prémunir.

Mauvaise planification des tâches

mauvaise estimation du temps = urgence

Les gens qui travaillent dans l’informatique le savent bien : il est quasiment impossible de terminer un projet dans les délais. En fait, comme dans le bâtiment, la plupart des projets sont rendus en retard, et l’équipe de travail termine par un « coup de bourre », une « charrette », et sur les rotules.

La première raison de cet état de fait vient sans doute du fait qu’il est trés difficile d’évaluer le temps que nous prendrons les différentes tâches à réaliser. Je vous ai fait une belle image pour illustrer mon propos. En bleu, la durée planifiée, et en rouge, la durée effective de la tâche.

Comme la durée du travail à réaliser a été sous évaluée, on se retrouve dans un état d’urgence à mesure que l’échéance se rapproche. On travaille plus et plus vite (du moins, on essaye) pour rattraper le retard, et donc, paf ! État de crise, stress, overdose de café, nuits blanches, infarctus, et tout le toutim.

C’est un problème tellement courant qu’il a été la source de nombreux (pseudos) théorèmes, tels que le théorème d’Eric Bourreau ((Eric Bourreau enseigne entre autre la gestion de projet à l’Université)) :

Il faut toujours plus de temps que prévu, même en tenant compte du théorème d’Eric Bourreau ((Au passage, les amateurs seront ravis de découvrir que ce théorème est récursif))

Comment y remédier ? J’entrevois principalement deux solutions. La première, c’est de se fixer soi même une échéance avant l’échéance officielle. Je dois terminer ce rapport pour vendredi ? Ok, je considère qu’il doit être fini pour mercredi. Ainsi, cela dégagera un « tampon de temps » qui permettra d’absorber les retards sans trop de stress. Attention toutefois à la loi de Parkinson :

Le travail se dilate jusqu’à remplir le temps disponible

La deuxième solution, la plus efficace à mon avis, c’est de faire appel à son expérience, et d’apprendre à mieux évaluer la durée des tâches. Vous êtes toujours en retard de deux jours sur des projets d’une semaine ? Apprenez à sur-évaluer ces projets. La planification, cela s’apprend, et se maîtrise.

Une autre cause qui peut rallonger indéfiniment la durée des tâches, c’est de souffrir d’un perfectionnisme excessif. Dites vous bien qu’il est impossible d’atteindre 100% d’efficacité dans tout ce qu’on entreprend.

« Le diable est dans les détails ». En général, 20% de nos activités apportent 80% des résultats. Ensuite, nous passons 80% de notre temps à pinailler, à perfectionner, à fignoler, à tergiverser, ce qui n’apporte en général que 20% des résultats.

Il faut apprendre à lâcher prise, et accepter que tout ce que nous faisons ne peut pas être parfait. Il est bien plus productif de consacrer 80% de ses efforts aux 20% d’activités qui apportent 80% des résultats.

Ne pas savoir gérer les interruptions

Attention aux interruptions

Dans un monde parfait, une fois nos tâches planifiées, il suffirait de s’y mettre suffisamment tôt, et hop ! Nous serions à l’heure. Malheureusement (ou heureusement), la vie n’est pas si simple, et nous sommes sans arrêt soumis à de nombreux stimulus, et victimes de sollicitations et d’interruptions quasi-constantes.

Si on ne sait pas les gérer convenablement, les interruptions peuvent devenir extrèmement chronophages. Il est bon de distinguer les interruptions de deux catégories :

  • Les sollicitations externes : Ce sont vos amis qui vous invitent à prendre un café, vos gamins qui vous demandent de jouer avec eux, votre patron qui vous demande de participer à une réunion vitale dont vous n’avez rien à foutre, votre collègue qui vous demande de l’aide. Bref, la perte de temps, c’est les autres.
  • Les sollicitations internes : Ce sont toutes les interruptions qui viennent de votre part. C’est le cas lorsque vous interrompez votre travail pour consulter vos emails, ou votre aggrégateur RSS, ou les statistiques de votre blog, ou lorsque vous faites une pause café et passez une demi-heure à papoter avec vos collègues, ou tout simplement quand vous commencez à rêvasser. Bref ! Toutes ces pertes de temps dues à une mauvaise concentration.

Comment gérer ces interruptions pour qu’elles ne vous mettent pas systématiquement en retard ? J’ai déjà plus ou moins traité ce sujet dans un autre article. Vous pouvez utiliser la méthode ADRA, pour Abandonner, Déléguer, Reporter ou Agir :

  • Abandonner : Si l’interruption n’est pas importante, faites vous plaisir : laissez-là tomber !
  • Déléguer : Eh ! Cette tâche inutile qui vous interrompt et qui vous ennuie, peut-être qu’elle sera importante pour quelqu’un d’autre. Un collègue, ou un subordonné, par exemple.
  • Reporter : Si l’interruption n’a pas besoin d’être traitée tout de suite, remettez-là à plus tard.
  • Agir : Ce n’est qu’en dernier recours, si l’interruption est importante et doit être traitée tout de suite, qu’il faudra vous y mettre.

En matière d’interruption externes, il est important de savoir dire non aux solliciteurs de toutes sortes. Vous n’avez pas le temps, et vous n’êtes pas responsable de la misère du monde. S’il ne faut pas s’enfermer dans sa tour et devenir complètement innaccessible, il est aussi tout à fait légitime d’avoir des priorités, et de ne pas pouvoir tout faire. Ensuite, c’est à vous de choisir. Mais j’ai déjà écrit un article là dessus, je ne vais pas me répéter.

Quand aux sollicitations internes… Aïe aïe aïe ! Difficile de se concentrer, alors que nous sommes sollicités par de plus en plus d’informations. Mails, portable, RSS, etc. Pour s’en sortir, un seul mot : discipline et concentration ((Oui, ok, ça fait deux mots)) !

Imposez vous de finir telle tâche ou tel sous-projet avant de consulter vos mails. Ne répondez pas systématiquement à tous les coups de téléphones. Et si vous avez du mal à résister aux distractions, alors il faut diminuer leurs sources. Fermez votre aggrégateur dans la journée, et ne l’ouvrez qu’une ou deux fois par jour. Éteignez votre portable et fermez la porte de votre bureau lorsque vous travaillez sur un truc important.

La procrastination, ou toujours commencer en retard

la procrastination entraîne les retards et l'urgence

Parfois, il est bon de remettre une tâche à plus tard. Par exemple, parce qu’on a besoin de plus d’informations ou de préparation. Ou tout simplement parce que ce n’est pas le bon moment (ça ne sert à rien d’aller cherchez les lardons à l’école deux heures avant la fin des cours). Ou pour une autre raison rationnelle.

Mais parfois, cette temporisation devient systématique et compulsive. Le fait de toujours tout remettre à plus tard s’appelle la procrastination.

C’est une réaction émotionnelle, dont nous souffrons tous plus ou moins à différents niveaux. Qui n’a jamais remis quelque chose au lendemain ? Qui n’a jamais révisé un partiel la veille ? Mais parfois, la chose prend une telle ampleur que ça en devient handicapant pour des gens qui ne peuvent plus rien entreprendre tant ils procrastinnent tous azimuts.

La procrastination créé artificiellement de l’urgence. Au fur qu’on remet à plus tard, l’échéance se rapproche, et la tâche devient de plus en plus urgentes. Jusqu’à au moment ou la pression engendrée devient suffisante pour faire sortir le procrastinateur de son inertie et le fasse agir.

L’exemple le plus célèbre, c’est bien sûr celui du lièvre, de la fable du lièvre et de la tortue, qui s’imagine avoir le temps, remets son départ, et finalement termine la course bon dernier derrière la tortue.

Pourquoi procrastinons nous ? Pour plusieurs raisons :

  • Par manque de motivation : j’ai un rapport important à taper, mais ça m’ennuie profondément. Comme ce n’est pas urgent et que je ne suis pas motivé, je vais remettre à plus tard pour me consacrer à d’autres tâches plus plaisantes et moins pénibles, même si elles sont moins importantes.
  • Par peur de ne pas être à la hauteur : Procrastiner fournit une excuse commode pour échouer. Oui, j’ai tapé ce rapport à la dernière minute, et il n’est pas d’une trés bonne qualité. Mais si j’avais disposé de plus de temps, nul doute qu’il aurait été parfait.

    Ainsi, nombreux sont ceux qui n’osent pas agir, par peur de mal agir ou de révéler leur incompétence.

  • Par peur d’être trop bon : Si je m’y mets tout de suite, je ferai un super boulot sur ce rapport, et j’aurai en plus du temps libre. Mais du coup, on va me refiler encore plus de travail, et on s’attendra toujours à ce que je fournisse un super travail. Donc, je procrastine, je « sabote » un peu mon boulot, et on n’attendra pas trop de moi.
  • Par sabotage : Certains utilisent la procrastination comme une arme de protestation, et sabotent leur travail pour se venger. Ah ! Salaud de patron, tu me refiles toujours des projets foireux, et tu me traite comme de la crotte ? Tu vas voir ton rapport urgent, comme il sera mauvais !

    En général, ces types de procrastinateurs ont du mal à admettre qu’ils font plus de mal à eux même qu’à la source de leur courroux.

Comment remédier à la procrastination ? Il n’est pas facile d’y répondre. Les causes sont nombreuses, et sont souvent d’ordre psychologique. Une bonne règle générale, c’est de toujours commencer les tâches le plus tôt possible. J’ai un truc à faire ? Je le fais tout de suite, et je suis débarrassé.

Il est également bon de prévoir ce qu’on fera du temps libéré. Au lieu de se dire « Zut, j’ai un truc pénible à faire, qui m’empêchera de m’adonner à telle activité agréable » (punition), réfléchir plutôt en ces termes : « J’ai un truc important à faire, et dés que je l’aurai terminé, je pourrais me consacrer à tel projet agréable » (récompense).

Conclusion

J’espère que ce petit cours de gestion du temps vous aidera à gérer vos urgences, à tenir vos délais, et à ne plus courir partout. Rappelons toutefois qu’il est inutile de faire beaucoup et de terminer à l’heure, si on ne fait pas les bonnes choses. Nous verrons dans un prochain article comment choisir nos activités en fonction de leur importance.

Et vous ? Avez vous des exemples de cas ou vous avez perdu du temps ? Avez vous des trucs ? Comment gérez vous votre temps ?

7 commentaires

Nouvel habillage pour Palsambleu !

Voilà, les nouveautés promises sont en ligne. J’espère que ça vous plaira. Je n’en rajoute pas plus, et vous laisse découvrir.

Normalement, le design est testé avec la plupart des navigateurs récents, mais on est jamais à l’abri d’un oubli. Si le site présente des erreurs d’affichage sur votre navigateur, prévenez moi.

Je suis trés intéressé par vos retours. Qu’en pensez vous ?

17 commentaires

Palsambleu n’est pas mort ! (Seulement catatonique)

Comme les plus judicieux d’entre vous l’auront remarqué, le blog n’est pas trés actif ces derniers temps (c’est pas rien de le dire). Pour tout vous dire, j’ai un peu été aspiré dans le tourbillon de la vie, et j’ai délibérément laissé Palsambleu de côté pour me consacrer à plein temps à d’autres priorités.

Ce n’est pas pour autant que ce site a définitivement sombré dans l’oubli. Pour tout vous avouer je suis présentement en train de travailler sur certaines nouveautés, qui devraient égayer vos yeux nostalgiques. Je n’en dit pas plus, pour préserver la surprise.

Restez connectés, du neuf apparaitra dans quelques jours.

5 commentaires

La vie est une question d’équilibre

Surtout, quand il faut être…

  • Gentil, mais pas faible
  • Optimiste, mais pas naïf
  • Ferme, mais pas dur
  • Confiant, mais pas crédule
  • Calme, mais pas amorphe
  • Affecueux, mais pas collant
  • Indépendant, mais pas associal
  • Courageux, mais pas inconscient
  • Énergique, mais pas surmené
  • Généreux, mais pas dispendieux
  • Souple, mais pas mou
  • Viril, mais pas macho (pour les hommes)
  • Abordable, mais pas facile (pour les femmes)
  • Fier, mais pas arrogant
  • Curieux, mais pas indiscret
  • Prudent, mais pas lâche
  • Sensible, mais pas fragile
  • Discret, mais pas timide
  • Audacieux, mais pas inconvenant
  • Humble, mais pas modeste
  • Compatissant, mais pas condescendant
  • Sérieux, mais pas triste
  • Minutieux, mais pas perfectionniste
  • Organisé, mais pas obsessionnel
  • Fou, mais pas dément
  • Ponctuel, mais pas psychorigide
  • Pacifique, mais pas débonnaire
  • Poli, mais pas maniéré
  • Élégant, mais pas faraud
  • Persévérant, mais pas irréaliste
  • Vigilant, mais pas paranoïaque
  • etc.

Si vous en avez d’autres, je suis preneur :)

5 commentaires

L’importance du savoir

Le développement personnel passe inévitablement par la connaissance, la compétence et l’information. L’ignorant est comme celui qui avance à taton dans une pièce sans lumière. Il ne sait pas où il est, il ne sait pas où il va, il trébuche sur tous les obstacles et tourne en rond sans arriver nulle part.

En revanche, celui qui sait est comme éclairé. Il sait ce qu’il veut. Il sait ou il va, quelle est la route à suivre, et quels obstacles éviter ((Oula, je commencerais presque à donner dans le religieux. Faut que je fasse attention, moi.)).

Connais-toi toi-même

Il est important, il est vital de se connaître soi même. Quels sont vos pouvoirs et vos limites ? Quelles sont vos valeurs ? Quels sont vos principes ? Qu’attendez vous de la vie ? Que voulez vous ? Tant qu’on ne sait pas vers quoi l’on veut aller, à quoi bon avancer ? Emprunter des chemins au hasard n’est il pas le meilleur moyen de se tromper de route, et de se perdre ?

Si je vous demande : « quelles sont vos plus grandes valeurs dans la vie ? Quels sont vos plus grands principes ? », serez vous capable de me répondre du tac-au-tac, sans réfléchir ((Parce que vous aurez réfléchi avant, bien entendu)) ? Avez vous une liste de buts, quel est le sens de votre vie ?

« Connais toi toi-même », nous dit Thalès de Millet, injonction reprise par le philosophe Socrate. Mais comment faire ? Et bien, méditez, pensez à vous même. Aimez vous et regardez vous. Il existe de nombreux moyens pour mieux faire connaissance avec soi même.

Pourquoi ne pas pratiquer un art martial ? ((Attention, pratiquez un véritable art martial traditionnel. Trop d’entre eux sont devenus en occident de simples sports de combats compétitifs. Renseignez vous avant.)) En règle générale, le sport est un bon moyen de découvrir ses facultés, et de repousser ses limites. Vous pourriez également tenir un journal intime. Notez-y ce qui vous semble important, et relisez-le de temps en temps. Pas trop souvent, surtout, pas plus d’une fois l’année. Ainsi, au fil des ans, vous pourrez constater vos progrès.

Dans l’ensemble, pour mieux se connaître, il faut s’aimer. L’estime de soi, c’est important. Quand on s’aime, on se regarde, on s’observe. Pas seulement en se regardant dans un miroir, mais en général. Il n’est pas question de narcissisme, ni de complaisance, mais de franchise. Aimez vous, regardez vous, observez vous, réfléchissez à vos actes.

Comprendre le monde qui nous entoure

Se connaître soi même, c’est bien. Un capitaine ne peut naviguer s’il ne connait pas son bateau. Mais cela ne suffit pas pour arriver à bon port, encore faut-il connaitre la mer ((Si ça c’est pas de la comparaison, je sais pas ce qu’il vous faut)).

Mais il est également important de connaître votre environnement. De comprendre le monde qui vous entoure. La compréhension amène la compassion. L’ignorance entraîne la peur, la xénophobie, le racisme ((Prends garde au côté obscur de la force, Luke)).

L’être avisé et son environnement ne font qu’un. L’Homme fait partie intégrante de l’environnement, il agit sur lui, et en subit les conséquences. Dans nos contrées, malheureusement, la nature est considérée comme une adversaire qu’il faut maîtriser, plier à sa volonté, mettre à sa botte. Et l’Harmonie, bordel !?

Tâchez de comprendre le monde qui vous entoure. Vivre sans comprendre le monde, c’est se retrouver dans un cockpit d’avion sans savoir piloter. On peut appuyer sur quelques boutons au hasard, en espérant qu’on ne déviera pas trop de son plan de vol, et surtout qu’on ne s’écrasera pas. ((Décidément, je me sens d’humeur lyrique aujourd’hui))

En bref, je pense qu’il faut apporter beauoup d’importance à l’information. La VRAIE info, celle qui vous rend plus intelligent et vous permet de comprendre le monde. À ne pas confondre avec l’info des journaux télévisés qui vous foutent le cafard et vous font voter Le Pen ou Sarko.

Informez vous ! Lisez les journaux (en fait, des journaux indépendants, en France, il n’y en a pas des miliers). Débatez ! Réfléchissez ! Allez à des conférences et des expositions ! Et pourquoi pas, donnez des conférences ! Lisez ! Cultivez vous ! Banissez la télé, et les loisirs qui ne vous demandent que d’être passifs ! Poursuivez des études, même en candidat libre, formez-vous et soyez autodidactes ! Développez vos compétences ! Acroissez votre savoir et votre culture générale ! La connaissance est une formidable source de richesse.

Si vous développez votre savoir, vos connaissances, votre compréhension du monde et de vous même, vous n’en tirerez que du bon. De nouvelles possibilités s’offriront à vous, votre personalité ne pourra qu’évoluer dans le bon sens, vous accéderez à une plus grande indépendance d’esprit, vous serez plus ouvert, plus libre et plus heureux ! Tout ça !

25 commentaires

Comment devenir sympathique

piumerosse6
Creative Commons License Crédit photo : rent-a-moose

Étymologiquement, sympathie signifie « souffir / ressentir avec ». Celui qui est sympathique, c’est celui qui partage nos joies et nos peines. Celui qui inspire de la sympathie, c’est celui que l’on a envie de cotoyer, avec qui l’on veut partager nos émotions et nos sentiments. La sympathie vous offre la posibilité d’entrer dans l’univers de l’autre.

En fait, savoir susciter la sympathie est un formidable pouvoir, qui vous ouvrira bien des portes. L’autre est la plus formidable source de richesse à votre disposition, et si vous savez vous rendre sympathique, vous verrez que votre vie sera bien plus facile et agréable.

Inspirer la sympathie est somme toute assez simple. Seulement, certains aiment se compliquer la vie, et rendent les choses plus compliquées qu’elles ne le sont. Et puis, certaines personnes ont un potentiel de sympathie bien plus élevé que la moyenne, et s’attirent facilement la bienveillance d’autrui.

Si vous mêmes cherchez une recette pour susciter la sympathie, voici quelques points de réflexion.

  • Souffrez avec : Comme je l’ai dit plus haut, sympathie vient de souffir avec. « C’est votre problème ! » : voilà une phrase qui attire à coup sûr l’antipathie sur son auteur. Rien n’est plus désagréable qu’un insensible qui se moque de nos soucis.

    Au contraire, faites preuve d’empathie. Montrez à autrui que vous comprenez ses problèmes, et que vous partagez ses émotions. « Je comprends ce que tu ressens », « je sais ce que c’est », « je vois ton problème ». Voilà qui devrait vous attirer de la sympathie.

  • Apportez des solutions à ses problèmes : Être compatissant, c’est bien beau, mais si en plus, vous aidez autrui à régler ses problèmes, si vous lui prétez main forte pour solutionner ses soucis, votre capital sympathie fera un bon.

    Ne soyez donc pas avare de coups de mains, de dépannages, d’entraide et de bénévolat.

  • Synchronisez vous : C’est prouvé, nous apprécions d’avantage les gens qui nous ressemblent. Qui se ressemble s’assemble, et qui s’assemble finit par se ressembler. Pour vous en convaincre, observez les groupes dans la rue : même âge, mêmes postures, mêmes attitudes, même style, etc. Observez également les vieux couples : ils emploient les mêmes mots, les mêmes expressions, certains finissent même par se ressembler physiquement.

    Qui se ressemble s'assemble

    On dit que les contraires s’attirent. Parfois, nos différences ajoutent certes un peu de piment, mais en définitive, on apprécie d’avantage les gens qui nous ressemblent, qui pensent comme nous, qui partagents les mêmes centres d’intérêt.

    D’ailleurs, c’est une règle de base dans le domaine de la persuasion. Pour rallier quelqu’un à sa cause, il faut commencer par souligner ce qui vous rassemble en évoquant vos points et intérêts communs.

    Je vous propose donc d’adopter la technique du miroir. Elle consiste à imiter votre interlocuteur pour le persuader que vous êtes similaires. Lorsque nous communiquons, seule une faible partie de l’information passe par les mots. Le reste passe par le ton de la voix, et surtout par le corps.

    Faites bon usage du mimétisme. Imitez les gens que vous rencontrez ((Discrètement et subtilement, bien entendu, où ils vont croire que vous vous moquez)). Faites-le de manière naturelle. Calquez vos attitudes, vos postures sur celles de votre interlocuteur. Empruntez ses expressions. Parlez au même débit et volume que lui. Respirez au même rythme. Voici quelques points que vous pourriez travailler :

    • La voix : timbre, rythme, hauteur, pauses, les mots, les expressions, etc.
    • Le visage : les expressions, mouvements de la bouche, des yeux, des sourcils
    • La respiration : calquez la sur celle de l’autre et respirez en rythme
    • Les postures : position de la tête, des bras, des mains, des jambes
    • Les mouvements : les changements de points d’appui, les déplacements, etc.
    • Et pour être perfectionnistes, la moiteur de la peau, le rythme cardiaque, la tension musculaire…

    Il faut pour appliquer cette technique être attentif à l’autre, et cela requiert de l’entraînement. Cela n’en reste pas moins un moyen étonnament puissant de susciter la sympathie. Essayez, vous serez probablement surpris du résultat.

  • Donnez des signes de reconnaissance : Les signes de reconnaissance sont une véritable nourriture spirituelle pour quiconque. Ils constituent un véritable besoin fondamental, nécessaire à la survie psychologique de l’individu.

    J’ai déjà parlé des pouvoirs des compliments. En donnant des signes de reconnaissance, vous reconnaissez l’existence de l’autre. Et l’autre vous en sera immensément reconnaissant. Et bien sûr, il vous trouvera sympathique ;)

    Allez, en vrac, quelques idées de signes de reconnaissance que vous pourriez donner : sourire, serrer la main, féliciter, caresser, taper sur l’épaule, admirer, mentionner le nom, faire un cadeau, offrir des fleurs, apporter un café, apprécier le travail, ébouriffer les cheveux, demander de vous accompagner, emmener en voyage, faire l’amour, faire la cour, regarder, parler, applaudir, rire, donner une prime, une promotion, une voiture de fonction, des responsabilités, une décoration, etc.

    Des signes de reconnaissance peuvent être aussi bien positifs que négatifs. Cest le principe de la carotte et du baton. Attention aussi, les signes de reconnaisance sont évalués en fonction de la source (vous). Plus vous serez charismatique, plus les signes de reconnaissance que vous donnez seront évalués positivement.

  • Montrez vous sympathique : Enfin, par réciprocité, plus vous vous montrerez sympathique envers l’autre, plus celui-ci vous trouvera sympathique. Logique, non ? Alors, bonne humeur de rigueur.

Si avec tout ça, vous avez toujours du mal à vous faire des amis, ben, c’est à désespérer :)

22 commentaires

Bonne année 2008

C’est un peu tardivement, que je poste mes bons voeux, mais mieux vaut tard que jamais, non ? Et non, je ne suis pas mort ! Juste un peu occupé, ces derniers temps.

Je souhaite donc aux lecteurs de Palsambleu ! une bonne et heureuse année, pleine de projets, de voyages, de rencontres, de réussites, de compréhension, de compassion, de remises en questions, d’évolutions, de partage, d’échanges, de joie, de santé, de plaisir, de bonheur et surtout, surtout… de développement personnel !

Merci à mes anciens lecteurs pour leur fidélité, et bienvenue aux nouveaux. Et surtout, ne vous inquiétez pas : de nouveaux articles paraîtront avant 2009 :)

3 commentaires

Êtes vous intelligent ?

Howard Gardner - Les intelligences multiples

Êtes vous intelligent ? Vous vous êtes sûrement déjà posé la question. Qui n’a jamais rempli le sacro-saint test de QI ? Malheureusement, si les maths et la logique ne sont pas votre fort, vous avez peut-être été déçu par le résultat. Pourtant, vous n’avez pas la sensation d’être plus bête qu’un autre. Alors quoi ?

En fait, l’intelligence est un concept plus que flou, à laquelle il n’existe aucune définition consensuelle. Howard Gardner, professeur de psychologie cognitive à Harvard, à émis la théorie de l’intelligence multiple. Selon lui, il n’existe pas un mais plusieurs types d’intelligence. Il est tout à fait possible d’être intelligent dans certains domaines, et stupides dans d’autres.

Voici, d’après cette théorie, les différents types d’intelligence :

  • L’intelligence linguistique : C’est l’intelligence des mots, qui permet de construire et de comprendre des phrases au sens complexe. C’est l’intelligence des politiques, des journalistes, des poètes et des écrivains.

    Les gens qui excellent dans ce domaine aiment lire, écrire, jouer au scrabble ou faire des mots croisés.

  • L’intelligence logico-mathématique est la faculté de compter, calculer, quantifier, considérer des hypothèses, utiliser des raisonnements inductifs et déductifs. Elle permet de détecter les relations et les connections entre les choses, d’abstraire et de synthétiser. C’est l’intelligence des mathématiciens, des détectives et des joueurs d’échecs.

    Ceux qui excellent dans ce domaine aiment lire des romans policiers, résoudre des énigmes et jouer à des jeux de stratégie.

  • L’intelligence visuo-spatiale est la faculté de penser en trois dimensions. Elle permet de visualiser des images et des formes, d’avoir le sens de l’orientation. C’est l’intelligence des marins, des architectes, des géomètres.

    Ceux qui excellent dans ce domain aiment les labyrinthes et les puzzles, le dessin et la photographie.

  • L’intelligence kinesthésique ou l’intelligence du corps permet d’utiliser son corps efficacement, de faire appel à des facultés physiques, confère le sens du timing et l’union corps-esprit. C’est l’intelligence des danseurs, des sportifs et des chirurgiens.
  • L’intelligence musicale est la capacité de mesurer la hauteur, la tonalité et le rythme des sons. Elle permet de reconnaître, apprendre et rejouer facilement des mélodies, et d’éviter les fausses notes. C’est l’intelligence des musiciens, des chanteurs et des compositeurs.

    Ceux qui détiennent ce type d’intelligence aiment la musique, chantonnent ou battent la mesure pour eux même, et distinguent des sons que d’autres n’entendent généralement pas.

  • L’intelligence interpersonnelle est la faculté de comprendre et d’intéragir avec autrui. Elle permet d’utiliser efficacement le langage verbal et corporel, de détecter les émotions, l’humeur et la personalité d’autrui. C’est l’intelligence des enseignants, des vendeurs et des supersociaux.
  • L’intelligence intrapersonnelle désigne la conscience de soi, la faculté de percevoir ses forces et ses faiblesse, se maîtriser, comprendre ses propres motivations.

    C’est l’intelligence de ceux qui aiment méditer et des adeptes du développement personnel.

  • L’intelligence naturaliste est la faculté de comprendre la nature, la classer en catégories. C’est l’intelligence des zoologistes, des botanistes, des chasseurs.
  • L’intelligence spirituelle est la capacité de réfléchir aux questions existentielles telles que le sens de la vie, de la mort, etc.

Malheureusement, l’éducation contemporaine, et par extension l’ensemble de la société glorifient l’intelligence verbale et logico-mathématique, et laissent se développer de graves lacunes dans les autres types d’intelligence. Au point qu’on préfère paraître intelligent plutôt que de développer réellement ses facultés.

Maintenant, vous savez qu’on n’est pas forcément un abruti lorsqu’on est nul en maths. Et vous, c’est quoi votre type d’intelligence ?

9 commentaires

Comment paraître plus intelligent que vous ne l’êtes ?

Cet article peut vous intéresser dans deux cas :

  1. Vous êtes un abruti de première, et vous voulez vous la jouer en paraissant être génial
  2. Vous êtes un géni, mais vous manquez d’aisance relationnelle et de charisme, et vous êtes souvent pris pour un abruti de première

Certains naïfs s’imaginent que pour paraître intelligent, il suffit de l’être. Rien n’est moins vrai, malheureusement ((ou heureusement, ça dépend pour qui)). Les gens se font une première opinion sur l’intelligence d’une personne au premier coup d’oeil. C’est à dire, en se basant quasiment essentiellement sur l’apparence.

Partant de là, il est courant que l’intelligence d’une personne soit sous-/sur-évaluée. Du coup, il est beaucoup plus facile de paraître intelligent plutôt que de l’être. Voici quelques conseils.

  • Soyez beau, grand et mince : C’est malheureux, mais c’est comme ça. Si vous êtes beau, grand et mince, vous serez spontanément évalué comme plus intelligent que quelqu’un de moins gâté par la nature. Ensuite, sur ce point, c’est la loterie, et on ne peut pas y faire grand chose.
  • Habillez vous classe : Ah ! Ça, tout le monde peut le faire. Si vous avez l’habitude de ne porter que trés peu d’attention à vos vêtements, peut-être est-il temps de renouveler votre garde robe ?

    Laissez donc tomber vos vieux t-shirts sans âge et tout tâchés. Oubliez un peu les pantalons de jogging. Faites un petit effort pour paraître élégant. Les gens bien habillés paraissent plus malins que les ploucs.

  • Portez des lunettes : Les gens associent souvent les lunettes à un QI élevé.
  • Parlez vite et fort : Un signe d’intelligence qui permet d’en imposer. Lorsque vous parlez, tâchez d’avoir un débit régulier et assez rapide. Et parlez haut (mais n’en abusez pas).
  • Exprimez vous correctement : Lorsque vous parlez, utilisez un vocabulaire varié, avec si possible des mots compliqués, qui font trés « intelligents ». Des mots comme « paradigme », « conjoncture » ou « épistcopal ».

    Votre débit doit être régulier, et articulez clairement. Banissez les « heu… », « hem », les hésitations, les blancs, et les mots d’argot. Tout ceci demande quand même pas mal d’entraînement.

  • Interrompez les autres : C’est peut-être un peu grossier, mais quoi qu’il en soit, les gens qui interrompent souvent les autres passent pour plus malins.
  • Choisissez avec soin vos sujets de conversation : car certains font plus intelligent que d’autres. Parmi les sujets de premier choix, on trouve la littérature, la politique, et le droit. Banissez la météo, le foot, et les ragots, qui donnent plutôt une impression de médiocrité intellectuelle.
  • Riez franchement : des études ont montré que les rires francs étaient plus appréciés que les rires dans sa barbe, les rires contenus et autres bruits de gorge. Alors, si vous voulez vous esclaffer, faites le à gorge déployée.
  • Travaillez vos postures : Ayez une attitude sûre de vous, tenez vous droit et décontracté. Vous aurez l’air plus malin que si vous êtes avachi. Et regardez les gens dans les yeux. Un regard fuyant ne fait pas intelligent.

Si vous suivez tous ces conseils, et avec un peu d’entraînement, vous ne devriez pas avoir top de mal à vous faire passer pour plus intelligent que vous ne l’êtes. Sympa, non ?

20 commentaires