Les automobilistes sont-ils tous des abrutis ?

Je n’aime pas trop conduire. Mais quand il m’arrive de prendre la voiture, je ne peux m’empêcher de remarquer les comportements individualistes et peu courtois de l’automobiliste moyen. Et il n’est pas rare qu’un juron m’échappe lorsque je suis témoin (ou victime) d’une brusque accélération au dessus des limitations de vitesse, d’un queue de poisson, ou n’importe quel comportement incivique.

Lors de ma dernière sortie, je me suis demandé ce qui m’agaçait autant chez les autres conducteurs. Il est rare que je m’énerve contre quelqu’un, alors pourquoi me surprends-je à crier « regardez-moi ce gros con ! », tout seul, derrière mon volant ?

Et puis, je crois que j’ai compris. J’ai repensé à mon propre article, « Et si le gros con, c’était vous ? » et je me suis posé sincèrement la question. Et je crois bien qu’au volant, le gros con, c’est moi.

Tous des abrutis, même moi

Le problème des voitures, c’est qu’on ne voit pas le visage de l’autre conducteur. Pas moyen de savoir si c’est une jeune mère avec trois gamins, une petite vieille un peu paumée, ou un quincagénaire un peu distrait parce qu’il a de sérieux problèmes au boulot.

Cette absence de contact visuel me prive d’une des facultés humaines les plus importantes : l’empathie. Je deviens incapable de me mettre à la place de l’autre. Au lieu de lui imaginer des excuses et d’être plus tolérant, je suppose automatiquement que ce conducteur est un gros con individualiste et malpoli.

Et pourquoi est-ce le cas ? Pourquoi est-ce ce comportement que, par défaut, je projette sur les autres voitures ? Il me semble que, tout simplement, c’est parce que c’est mon propre état d’esprit quand je suis au volant. Au volant, je suis un individualiste discourtois, et je ne peux m’empêcher de m’imaginer que c’est le cas de tous les autres.

Comment y remédier ? Comment arrêter de voir des gros cons dans toutes les voitures ? À mon avis, il faut changer soi même d’état d’esprit. Commençons par adopter la courtoisie et l’altruisme au volant, et supposer que c’est le cas de tout le monde. Toujours laisser passer les piétons avec un sourire, respecter les priorités, ne pas chercher à griller trois places dans une file en provoquant des embouteillages, etc. Au lieu de chercher à aller le plus vite possible, considérer que maintenir un trafic fluide est un travail d’équipe : attendre son tour pour s’insérer dans une file, adopter une conduite souple et fluide, etc.

Et surtout, se retenir d’insulter copieusement les autres conducteurs. Les insulterais-je ainsi s’ils étaient en face de moi ? Sûrement pas. N’oublions pas que dans la voiture, monstre de métal impersonnel, se trouve un être humain.

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