Parler en public est sans doute l’une des choses les plus gratifiantes qu’il m’ait été donné de faire. Qui n’a pas senti l’adrénaline de l’orateur avant de monter sur l’estrade, le plaisir d’avoir un auditoire suspendu à ses lèvres ne sais pas de quoi je parle.

La communication orale est une compétence que je considère extrèmement importante à maîtriser. Qu’il s’agisse d’enseigner, de motiver ou de convaincre, qui maîtrise l’art oratoire dispose assurément d’un outil extrèmement puissant dans sa trousse à outils d’humain moderne.

J’ai eu l’occasion d’assister à de nombreuses prises de parole en public (cours, conférences, etc.), et je dois dire qu’une bonne conférence donnée par un orateur expérimenté est une expérience trés agréable. En revanche, un mauvais orateur, une conférence soporifiques me donnent envie de m’endormir sur le champ, ou de quitter la salle en rampant discrètement entre les autres auditeurs.

J’ai pu ainsi tenter d’analyser ce qui me plaisait ou pas chez tel ou tel orateur, et tâcher de comprendre les différences fondamentales entre les bons et les mauvais orateurs.

J’ai moi-même eu l’occasion de prendre la parole en public à quelques reprises, devant des publics allant de quelques personnes à plusieurs centaines, pour tenter de mettre en pratique ces découvertes. S’exprimer en public n’est pas une compétence innée, il y a énormément de travail et d’expérience derrière chaque bon orateur.

Vous êtes orateur débutant ? Vous allez bientôt donner un cours ou une conférence pour la première fois ? Un peu inquiet à l’idée de prendre la parole ? Voici un petit guide sur l’art de parler en public, afin de devenir un bon orateur.

Première étape, ne pas se planter d’objectif

Ça-y-est, c’est confirmé : vous allez vous exprimer en public. Avant toute chose, la première question à se poser est la suivante :

Quel est l’objectif de mon intervention ?

Pourquoi allez vous prendre la parole en public ? Est-ce pour informer ? Motiver ? Divertir ? Convaincre ? Votre objectif ne sera pas le même selon que vous interveniez pour une conférence, un meeting politique, une réunion professionnelle, un one-man show, un discours de mariage, etc.

Si vous ne savez pas trés clairement dés le départ pourquoi vous allez intervenir, vous pouvez être certain que vous allez vous planter. Prenez donc le temps de répondre à cette simple question.

Comprendre la mission de l’orateur

Si la plupart des orateurs sont ennuyeux au possible, c’est parce qu’ils commettent une erreur fondamentale : ils ne comprennent pas quelle est la mission fondamentale de l’orateur.

Faire passer un message de la manière la plus plaisante possible.

D’abord, vous devez faire passer votre message. Que ce soit une émotion, une information, une idée, une compétence, cela dépend de votre objectif. Mais dans tous les cas, vous devez apporter quelque chose à votre audience.

Ensuite, vous devez divertir votre audience. Votre prestation doit être agréable à regarder, votre public doit passer un bon moment. D’aucuns considèrent qu’il est de la responsabilité de l’auditeur d’être attentif. Pour ma part, j’estime qu’il est de la responsabilité de l’orateur de donner envie à l’auditeur d’être attentif.

Si votre message est intéressant, mais que vous êtes barbant, le public aura plus de mal à s’en souvenir. De même, si vous réalisez un véritable show, mais que vous ne faites pas passer un bon message, c’est un échec.

Au final, à la fin de votre prestation, vos auditeurs doivent répondre positivement à ces deux questions :

  • Est-ce que j’ai appris quelque chose ? (dans le cas d’une conférence, par exemple)
  • Est-ce que j’ai passé un bon moment ?

Comment réaliser cet exploit ? Nous l’allons voir plus loin.

Pour illustrer mon propos, je vous propose de regarder l’une des trés bonne vidéos de Franck Lepage, qui mélange avec talent conférence et spectacle comique, donnant ainsi à son message une forme particulièrement mémorable.

Partir sur de bonnes bases

Avant d’entamer la préparation de votre intervention, il vous faut réunir toutes les informations nécessaires qui vous permettront de vous adapter au mieux à la situation lorsque vous allez prendre la parole.

Comment sera le public ? Hétérogène ? Spécialisé ? Quelle sera sa moyenne d’âge ? À quelles genres de références sera-t-il sensible ? Combien seront-ils ? Quelle sera son niveau de connaissance du sujet que vous allez aborder ?

À quelle heure allez vous prendre la parole ? Tôt le matin alors que tout le monde est encore endormi ? En fin de journée alors que tout le monde sera surexité et aura plus de mal à se concentrer ? Juste après un repas, pendant que le public digère ?

Quel est le format de votre intervention ? Sa durée ? Y aura-t-il une séance de questions ? Y aura-t-il d’autres conférences sur le même sujet avant ou après vous ?

Quelle est la disposition de la salle ? Quel matériel aurez vous à disposition ? Devrez-vous amener votre propre télécommande ? Quel format est acceptable pour le support visuel ? Y aura-t-il un accès au réseau ?

Croyez-moi, rien de pire que d’arriver le jour J après des semaines de préparation pour découvrir que le matériel disponible ne permettra pas de diffuser votre support visuel. Évitez ce genre de déconvenues, posez vous ces questions dés le départ.

Bien définir son message

Commençons par nous intéresser au fond de votre intervention. Comment définir au mieux votre message ? Quelle est l’idée principale que vous voulez faire passer ?

Pour vous aider à structurer votre pensée, posez vous la question suivante :

Si je devais résumer mon intervention en une seule phrase, quelle serait-elle ?

Ce n’est pas un exercice de style. Écrivez vraiment cette phrase. Écrivez-la et réécrivez la tant que vous n’en êtes pas satisfait. Si vous ne parvenez pas à résumer votre propos en une seule phrase, c’est que le message que vous devez faire passer n’est pas suffisamment clairement défini dans votre tête.

Faites ensuite le test avec un proche : lisez-lui cette simple phrase. S’il ne la trouve pas claire et intelligible, repartez pour un tour.

L’avantage de cet exercice, c’est qu’il va vous permettre de simplifier au maximum votre discours. Par pitié, ne faites pas comme 95% des orateurs : essayer de trop en dire. Vous devez dire une chose et une seule. Allez droit au but, laissez le reste de côté. Si votre message est simple et clair, il sera mémorable. Si vous partez dans tous les sens, personne ne comprendra ce que vous avez voulu dire.

Structurer sa présentation

Vous avez clairement défini votre message, et vous savez que toute phrase qui ne servira pas directement votre propos devra être élaguée sans pitié.

Voyons maintenant comment structurer votre prise de parole en public.

Pouvez-vous résumer votre message en trois phrases ? Trois idées qui doivent suivre un enchaînement logique et amener naturellement vers la conclusion de votre discours ?

Ces trois phrases peuvent d’ores et déjà constituer votre conclusion, mais également les trois idées principales qui constitueront le fil de votre discours. Ainsi, vous allez dérouler ces trois idées principales pour les résumer en guise de conclusion.

L’esprit humain est doté d’une faculté d’absorption limitée. En découpant votre présentation en trois points, vous créez un canevas, une structure simple et cohérente, que vos auditeurs vont pouvoir suivre beaucoup plus facilement.

La technique des trois phrases peut-être répétée pour vous aider à détailler chaque sous-partie, puis chaque sous-sous-partie jusqu’à ce que vous obteniez le niveau de détail souhaité.

Ce n’est pas la seule façon de créer une structure pour votre prise de parole, mais je trouve celle ci la plus intéressante et facile à mettre en œuvre.

Réussir sa conclusion

La conclusion est d’une importance vitale lorsqu’il s’agit de prendre la parole en public. C’est le moment où l’enchaînement logique que vous avez mis en place va se cristalliser en un message simple, clair et cohérent. C’est également la dernière image que gardera de vous votre public.

En fait, ce n’est pas trop grave si vous bafouillez ou perdez quelque peu le fil pendant votre présentation. Par contre, votre conclusion doit être irréprochable.

Que doit contenir une conclusion ? D’abord, votre conclusion doit reprendre l’essentiel de votre message. Après avoir entendu votre conclusion, et uniquement votre conclusion, votre auditeur moyen doit avoir compris de quoi vous avez parlé, et capté la substantifique moëlle de votre propos.

En fonction des cas, vous pouvez également terminer par un appel à l’action (en définitive, je vous demande de…), ou une ouverture (et si la solution, c’était…).

En fait, la conclusion est tellement importante que c’est la première chose que je prépare. Ce n’est qu’une fois que j’ai le script clair et précis de ma conclusion que je passe au reste de l’intervention.

Une bonne introduction

Après la conclusion, je passe en général à l’introduction, qui est l’autre moment clé d’une prise de parole en public.

L’introduction est le moment ou vous allez capter l’intérêt du public. En quelques secondes, vous devez le réveiller, le séduire, l’intriguer. Nous sommes véritablement dans une relation de séduction.

Voici un exemple d’une (trés) mauvaise introduction (à lire d’une voix égale et monotone) :

Bonjour, je m’appelle Antoine, je travaille chez Zimbabwe Télécom, et je vais vous parler de l’impact des migrations de pigeons sur la qualité des signaux téléphoniques. En petit un, nous étudierons les habitudes migratoires du pigeon moyen, et en petit deux de quelles manières les pigeons qui se posent sur les câbles téléphoniques perturbent les signaux de communication.

Boooooouuuuh !!! Est-ce que vous ne dormez pas déjà ? Comment peut-on espérer retenir l’attention d’un public comme ça ? Aucun mystère ! Aucun sens théâtral ! Zéro pointé.

Lorsque vous allez prendre la parole, ne rentrez pas tout de suite dans le vif du sujet. Il vous faut d’abord capter l’attention de votre public. Certains commencent par un sondage (ya-t-il dans cette salle des gens qui…). C’est une techique un peu convenue, qui peut donner de bons résultats si elle est réalisée avec talent, ce qui n’est presque jamais le cas.

La meilleure façon de commencer à séduire votre public, c’est de lui raconter une histoire. Racontez une anecdote qui vous est arrivée personnellement, qui a priori n’a rien à voir avec le sujet, pour intriguer. Puis petit à petit, amenez votre propos sur le terrain qui vous intéresse.

Les meilleurs orateurs sont capables de commencer à raconter une histoire des plus légère, puis de dériver petit à petit vers les sujets les plus techniques sans aucune transition, et sans que vous ne vous en rendiez compte. Et pourtant, vous êtes toujours suspendu à leurs lèvres.

Une autre méthode est de commencer en annonçant d’emblée une information ou une statistique extraordinaire en rapport avec votre sujet. « Au cours des 18 prochaines minutes pendant lesquelles je donnerai ma présentation, quatre américains qui sont présentement vivant seront morts à cause de la nourriture qu’ils mangent. » — sont les premiers mots de Jamie Oliver lorsqu’il parle des ravages de l’obésité. Notez comme il a capté l’attention du public en moins de 10 secondes : on entend les mouches voler.

Le storytelling est un sujet à part entière, il serait hors-sujet de le traiter ici. Je vous recommande de visualiser comment font les autres orateurs, pour trouver de l’inspiration. Toutefois, vous avez saisi l’idée d’une bonne introduction : captiver votre public, et l’amener vers votre sujet de la manière la plus subtile possible.

Maintenir un rythme

L’humain moyen ne peut pas rester concentré plus de quelques minutes d’affilé. Si votre présentation est monotone, vous allez perdre et ennuyer 95% de la salle. Vous ne pouvez pas vous contenter de balancer une bonne blague au début puis de débiter votre contenu non-stop.

Conserver l’intérêt de son auditoire nécessite de maintenir un rythme dans votre présentation. Prévoyez de « relâcher la pression » toutes les quelques minutes, en entrecoupant des jeux de mots, des blagues, des anecdotes, en posant une question, etc. La fréquence dépendra de la fatigue du public, son niveau de concentration, de la technicité du sujet, etc.

N’hésitez pas à engager votre public : posez-lui des questions (rhétoriques, ne vous interrompez pas), apostrophez-le, parlez-lui. Votre public doit sentir que vous êtes là pour lui.

Si vous le pouvez, essayez plutôt de limiter vos prises de parole à 25 à 30 minutes. À mon sens, une conférence d’une heure est une totale hérésie. De plus, cela vous forcera à simplifier votre discours et à aller à l’essentiel.

Un bon support visuel

Aujourd’hui, il est plutôt rare d’assister à une conférence ou un cours magistral sans support visuel. Comme son nom l’indique, un support n’est qu’un support, il ne doit pas contenir l’intégralité du script de votre conférence !

Si vous imposez à votre public une diapositive qui contient du texte, celui ci lira le texte et arrêtera de vous écouter. Par pitié, par pitié, je vous en conjure ! Ne commettez pas cette erreur. Pas plus de 6 ou 7 mots par diapo.

Évitez également les présentations type « Listes à puce de mémé ». Il n’y a pas de moyen plus sûr d’indiquer à vos auditeurs qu’ils vont se faire ch**er comme des rats morts. Un support visuel est censé être visuel ! Au final, tâchez de produire quelque chose d’engageant. Je vous conseille d’aller vous balader dans la section des meilleures présentations sur Slideshare, pour trouver de l’inspiration.

Évitez la surabondance de diapos : une par minute me parait une bonne moyenne.

Les répétitions

Une règle d’or : répétez souvent, et répétez beaucoup. La communication orale s’accommode mal de l’improvisation, à moins que vous ne soyez vraiment bon dans ce domaine. Dites vous que les conditions le jour J ne seront pas les mêmes que lorsque vous êtes tout seul tranquillement chez vous.

Lorsque vous allez monter sur l’estrade pour parler en public, vous allez être stressé, nerveux. Vous devez connaître votre intervention sur le bout des doigts, et avoir répété de nombreuses fois pour pouvoir parer à toute éventualité.

Répétez seul jusqu’à être capable de débiter votre conférence avec et sans support visuel. Puis répétez devant des proches, et prenez en compte leur retour. Vous devez également savoir à quel moment précisément vous devez faire avancer votre support.

Si votre intervention est limitée à une durée fixe, répétez jusqu’à ce que vous puissiez tenir le timing. Gardez à l’esprit que le jour J, vous allez probablement avancer un peu moins vite, il faut en tenir compte. Vous ne pouvez pas vous permettre d’être interrompu et chassé de l’estrade avant votre conclusion, parce que vous n’avez pas tenu vos délais.

Seul un entraînement intensif vous donnera l’aisance et la confiance nécessaires le jour J.

Quelques recommandations pour le jour J

Soyez-en forme, frais et dispos. Couchez-vous tôt la veille, et tâchez de passer une bonne nuit.

Insistez pour vérifiez dans quelles conditions se déroulera votre intervention : la disposition de la salle, le matériel, etc.

Vérifiez que votre support visuel est prêt, accessible (vous en aurez fait des copies de sécurité un peu partout), et fonctionne sur le matériel disponible.

Si vous devez utiliser votre propre ordinateur, assurez-vous d’avoir bien fermé tout logiciel qui pourrait gêner le déroulement de votre prestation. Vous ne voulez pas d’une notification intempestive sur laquelle 500 personnes liront que votre maman embrasse son gros poussin.

Ne changez plus rien. À ce stade, vous devez être prêt. Résistez à l’envie de modifier votre support ou votre script. Vous avez fait au mieux, n’allez pas tenter ce genre de manœuvre hasardeuse. Vous êtes fin prêt pour prendre la parole en public.

Pendant la présentation

Votre langage corporel en dira long sur vous. Campez-vous sur vos deux pieds, tenez vous bien droit, respirez profondément et calmement, contentez-vous de toiser votre auditoire tant que vous n’aurez pas le silence et l’attention du public. Vous êtes détendu. Maître de la situation. Heureux d’être là. Montrez-le.

Le début de l’intervention doit être net. Avant, vous n’aviez pas commencé. Après, vous avez commencé. Lancez-donc un « Bonjour ! » franc et clair, avant d’enchaîner.

Évitez de vous cacher derrière un éventuel pupitre. N’ayez pas peur de vous exposer, après tout vous êtes là pour ça. Avancez-vous et occupez au maximum l’espace disponible.

Évitez de vous balader pendant votre prestation. Préférez rester campé sur vos deux pieds, et regardez votre auditoire. Vous êtes en train de parler à des gens, la moindre des politesse est de les regarder dans les yeux. Et sortez les mains de vos poches.

Ne regardez pas vos notes. D’ailleurs, vous n’avez même pas de notes, vous n’en avez pas besoin. Vous connaissez votre sujet.

Étivez de prêter attention aux légères perturbations qui pourraient survenir dans la salle (personne qui arrive en retard, etc.). Si vous portez votre attention sur un élément extérieur, votre public le fera aussi, et vous allez le distraire inutilement.

Si une perturbation devient vraiment trop importante et risque de distraire votre auditoire, tirez-en partie et lancez une blague, pour rester maître de la situation. Attendez d’avoir l’attention de l’assistance avant de reprendre.

Parlez haut et clair, d’une voix forte et distincte. Ne parlez pas trop vite, ni trop lentement. L’entraînement vous aidera à trouver le bon rythme.

Si vous êtes bien préparé, et avez suivi tous les conseils précédents, tout devrait bien se passer. Profitez du plaisir d’être là. Des centaines de personnes sont ici pour écouter ce que vous avez à dire. Éclatez-vous !

La séance de question

Dans le cas de cours ou conférence vient ensuite la séance de question. Réservez les questions pour la fin. Dans le cas ou vous êtes interrompu par une question pendant votre prestation, expliquez que vous y répondrez à la fin.

Plusieurs situations ici :

La personne qui pose une vraie question, et à laquelle vous connaissez la réponse : répondez, puis demandez si vous avez bien répondu. Facile.

la personne qui pose une vraie question, mais dont vous ne connaissez pas la réponse : avouez que vous ne savez pas, que la question est intéressante, et que vous allez vous renseigner. Il n’y a pas de mal à ne pas tout savoir.

La personne qui pose une question hostile, aggressive, ou qui conteste vos propos : surtout, ne répondez jamais, jamais de manière aggressive, car vous risqueriez de voir le public se tourner contre vous. Au contraire, utilisez la sympathie de vos auditeurs à votre égard pour désamorcer la situation, et isoler le contestataire. Restez courtois et répondez de votre mieux. Si la personne insiste, expliquez que vous êtes tout disposé à en discuter ensuite, mais que vous préférez garder du temps pour d’autres questions.

La personne qui introduit sa question en parlant pendant 15 minutes, voire qui ne pose même pas de question du tout : que ce soit en tant qu’orateur ou auditeur, je supporte mal ce genre de cuistre. Dites vous que les gens sont venus pour vous écouter vous, pas lui. Si vous avez un bon contact avec le public, n’hésitez pas à interrompre ce rustre dés que vous sentez qu’il va s’épancher trop longtemps :

Pardonnez moi de vous interrompre monsieur1, j’ai une mémoire de poisson rouge, pouvez-vous poser votre question sans emphase, sinon je ne pourrai pas me rappeler de tout ce que vous avez dit, et je ne pourrai pas répondre.

S’il insiste, interrompez-le encore, et qu’il sente la lanière de votre fouet cingler ses épaules de butor :

Écoutez, je vois que vous avez un avis intéressant sur la question, j’aimerais beaucoup en discuter avec vous ensuite, mais si cela ne vous dérange pas, j’aimerais réserver le temps des questions aux gens qui ont de vraies questions et que je pourrais aider.

Si cet animal ne part pas immédiatement se terrer dans quelque terrier putride, c’est qu’il est définitivement dépourvu d’une quelconque faculté émotionnelle.

Après votre prestation

Vous venez de prendre la parole en public. Vous vous en êtes tiré haut la main. Prenez quelques minutes pour apprécier les applaudissements, les retours appréciateurs et les félicitations que ne manqueront pas de vous addresser vos auditeurs, sans parler de votre nouvelle popularité. Vous l’avez bien mérité.

Mais ne vous endormez pas sous vos lauriers, car il est déjà temps de penser à votre prochaine prestation. Si votre discours a été filmé, tâchez de vous en procurer une copie, et regardez votre propre conférence de bout en bout. Notez les lenteurs, les bafouilles, les tics.

Demandez explicitement des retours négatifs, pour avoir des idées des éléments à corriger pour la prochaine fois.

Car il y aura une prochaine fois.

  1. car ce sont souvent des messieurs []

Vous n'avez pas encore partagé cet article ? C'est le moment :

Partager sur Facebook

Les commentaires sont fermés.